« Vous le savez Messieurs, au premier bruit de l’arrestation de Madame, se levant comme un seul homme, la France s’est écriée que Madame soit libre, la loi le veut, la loi l’ordonne ! »(Zozime Bergé, ancien fonctionnaire, pétitionnaire).

Le 25 avril 1832, à Livourne, vers 3 heures du matin, la duchesse de Berry montait à bord d’un bateau à vapeur battant pavillon sarde, le Carlo Alberto, dans le dessein de restaurer par les armes la dynastie des Bourbons. Dans la nuit du 28 au 29 avril, elle débarqua à proximité de Marseille, dans la calanque de Sainte-Croix, à l’ouest de l’actuelle commune de Sausset-les-Pins. « Deux mille volontaires s’étaient inscrits. Il en [vint] deux cents. » Dès le lendemain, la tentative armée de s’emparer de la cité phocéenne échouait. Sans se décourager, la duchesse de Berry entreprit un voyage terrestre rocambolesque vers l’Ouest bocager, afin de mettre en œuvre la deuxième phase de son plan initial : le soulèvement de la Vendée. Elle avait organisé les royalistes français depuis Massa et avait nommé les cadres d’une administration henriquinquiste parallèle. Le marquis Aymar de Dampierre avait ainsi été désigné « commissaire extraordinaire du Roi Henri V dans le dit Departement » de la Charente Inférieure, avec « tous les pouvoirs necessaires [sic] pour y operer le retablissement de l’autorité legitime par les moyens qui seront jugés les plus propres a conduire a ce but ». Dans le monde rural des départements de l’Ouest français, l’esprit de résistance au régime y était favorisé – sinon entretenu – par un bas clergé hostile à une révolution de Juillet nettement anticléricale. Le 1er mai 1832, le général Paul Dermoncourt, qui prenait son poste de commandant en second à Nantes, notait bientôt sans surprise les ferments d’une conspiration armée.

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